vendredi 17 juillet 2015

Solidays 2015

Retour à Solidays, l'un de mes deux festivals français désormais habituels. L'occasion de chouettes retrouvailles avec mon frangin et de belles découvertes françaises, sous un soleil de plomb, comme pour mieux faire oublier les trombes d'eau de l'année dernière... Cette année, pas de "poncho saved my life" donc, mais des festivaliers qui frisaient dangereusement le rouge écrevisse !

Je dois reconnaître que même si j'aime beaucoup Solidays et le côté solidaire de ce festival, ma relative gêne concernant certains aspects, déjà présente l'année dernière, s'est passablement confirmée cette année, en particulier l'attitude "je suis seul(e) au monde" d'une partie du public... Bah oui, mais non, et surtout pas dans un festival, en l'occurrence ! Certes, il y a des concerts qui appellent à danser, sauter partout et lâcher prise. Mais d'autres, non. Alors les groupes de spectateurs qui passent tout un concert de folk tranquille à se raconter des conneries à tue-tête, empêchant les gens autour d'entendre quoi que ce soit du concert, c'est déjà un peu chiant. Mais les mecs qui, sous prétexte de ce fameux lâcher prise, se permettaient de brailler des propos machistes ou de "noter" les filles qui passaient, ça m'a juste franchement déprimée... Je fais quatre festivals par an. Dans aucun autre, je n'ai été témoin d'attitudes de ce genre. En tout cas, pas aussi ouvertes et décomplexées. A croire que la solidarité ne s'applique pas à tout le monde... Payer une place de festival dont une partie sera reversée à la lutte contre le sida, d'accord. A la limite, ça donne même bonne conscience. Mais ça s'arrête là, c'est ça ?

C'est un peu le problème de Solidays, peut-être victime de son propre succès : qu'est-ce qu'il en reste, de cet esprit solidaire qui était bel et bien présent au début et qui faisait de Solidays un festival vraiment à part ? Par exemple, combien de festivaliers ont fait l'effort ne serait-ce que d'aller voir le village des associations, de parler avec les gens sur les stands pour connaître mieux leurs initiatives, leurs organisations ? Il y en avait pourtant plein qui étaient très intéressantes, et pas uniquement sur les questions de lutte contre le sida. Parce que oui, j'y reviens : un festival a forcément un côté festif, bien évidemment. Je suis la première à répéter à qui veut l'entendre qu'aller à un festival, c'est ma manière à moi de déconnecter, de sortir du quotidien. Et je suis probablement loin d'être la seule ! La musique live en général transmet un sentiment de catharsis qui peut totalement se convertir en célébration collective - même quand la musique est déprimante, Antony and The Johnsons l'ayant magistralement prouvé au Primavera Sound plus tôt cette année ! Mais le côté festif suppose-t-il qu'on en oublie tout le reste et qu'on se mette à agir comme des gosses gâtés et égoïstes, sans aucune considération pour rien, ni personne autour de soi ? Sans aucune solidarité, en fin de compte...

Heureusement, il y a aussi eu des très beaux moments. Beaucoup d'interventions engagées et émouvantes, comme d'habitude. La découverte de belles initiatives au village des associations, des échanges intéressants. Les toujours géniales Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, et j'en passe. Et puis, il y a eu Nneka... Ce concert magnifique et surtout, ce moment qu'elle a pris pour rappeler au public que, justement, il s'agissait d'un festival solidaire et qu'on n'était pas là uniquement "pour boire, faire la fête et les fous", lançant un appel très émouvant à davantage d'empathie, davantage d'amour. Et il y a eu IAM et ce message de "paix, amour et compréhension" lancé par Akhenaton. Oui... Je crois qu'on en a vraiment besoin !

Alors voilà, Solidays, c'est tout ça et c'est un peu contradictoire. Peut-être que j'étais encore sous le coup du concert incroyable de Patti Smith au Primavera Sound et que ça avait mis la barre un peu trop haut ! Patti Smith qui était venue à Solidays il y a déjà pas mal de temps... Malgré tout, je crois que Solidays reste un de mes festivals préférés. Je choisis de me souvenir que c'est aussi le festival où j'assiste toujours à des moments magnifiques qui me font sentir un réel élan solidaire, peut-être éphémère, peut-être mal partagé, mais bel et bien présent. A nous de le développer, de le prolonger... aussi longtemps que Patti Smith a su maintenir le sien ! :-)


"Keep on dreaming"
Petits souvenirs ramenés dans ma valise

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